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smiley : envelope Idées noires.

J'ai commencé à écrire pour me faire une thérapie, pour me sentir mieux, pour évacuer toutes mes angoisses. Mais ces angoisses se sont métamorphosées en souffrance. Douleur lancinante, sourde, omniprésente qui me mine, me déstabilise, ruine mes fondations, ce qui fait que je suis moi. Je n'arrive plus à écrire, lorsque je me trouve devant un clavier, je n'ai plus le désir, plus la motivation, à quoi bon. Cela ne change rien.

Et puis vient les idées noires, l'idée d'en finir avec sa souffrance qui ne s'arrête pas, qui nous détruit à petit feu. On cherche des solutions, et vient la plus séduisante, la plus rapide, mais celle qui fait peur. On se dit à quoi bon, de toute manière, je n'ai plus de joie, plus de bonheur, plus de plaisir, alors pourquoi continuer. Pourquoi s'acharner, alors que l'on a perdu tout ce à quoi l'on tenait, et que le rêve que l'on s'était fixé est maintenant inaccessible. On pense à l'autre qui est parti, qui est heureux, avec un inconnu. On pense à sa vie gâchée au temps perdu, à ses vacances foutues, à cette année qui n'a servie à rien, rien qu'à s'enfoncer, à se faire mal, à déprimer.

On se dit à quoi bon continuer dans ses conditions. Personne n'est indispensable, et l'on ne se sent pas à sa place dans cette société, dans ces nouvelles valeurs, qui n'en sont pas, dans ses nouvelles tendances, ses nouvelles lubies, ses plaisirs extrêmes, cette boulimie.

Je ne sais pas si je vais continuer, je ne sais pas si j'en ai l'envie.

 

mardi 28 septembre 2010 à 10h11 par galiel dans en vrac | # | 1 commentaire

smiley : envelope Psychanalyse

7 Aout 2010

 

Le second rendez vous chez le psy. Je vais voir un psychiatre, non pas que je préférais cette catégorie professionnelle, mais mon médecin m'a orienté vers lui car il souhaitait avoir l'opinion d'un confrère sur le traitement qu'elle m'avait prescrit. Cette fois ci, j'ai rendez vous un samedi matin. Je n'ai pas eu besoin de prendre une demi journée. L'inconvénient c'est que cela gâche un peu mon samedi, voir son psy le matin, n'est pas un gage de réussite de la journée. Le rendez vous étant un peu tard, j'ai tout le temps de me préparer. Je ne me presse pas, d'autant plus que maintenant je sais ou me garer, et comment y aller sans problème et en peu de temps.

Le rendez vous est à 11H30, comme d'habitude j'arrive avec de l'avance, un petit quart d'heure. En rentrant dans la salle d'attente, je m'aperçois que la porte de son cabinet est ouverte. Peut être que le patient précédent n'est pas venu. Je reste discipliné, et je m'assois sur un siège, je sorts mon livre et me replonge dans mon histoire captivante. A peine cinq minutes s'écoulent qu'il passe la porte de son cabinet et me demande de bien vouloir venir. Un rendez vous chez un médecin en avance, c'est bien la première fois que cela m'arrive. J'obtempère, lui serre la main en passant la porte du cabinet et je vais m'installer sur le siège de droite devant le bureau comme lors du précédent rendez vous.

Il s'assoit à la même place également que la dernière fois, en face de moi. Cette fois je m'attendais à sa première question qui fut sans surprise :

"Comment allez vous?"

Je réponds, positivement, le traitement d'antidépresseur fonctionne, je vais mieux, mais je reste abruti, fatigué.J'angoisse cependant beaucoup moins, même si je ressasse, même je pense à ma situation et à mon ex compagne, j'ai moins de mal être.

 Une sonnette retentie, nous venons à peine de commencer. Il appuie sur la gâchette électrique pour ouvrir la grille extérieur. On recommence à discuter, il interrompt de nouveau nos échanges en s'excusant, il se rend dans la salle d'attente et adresse la parole à une femme. D'après ce que je comprends, c'est une jeune fille qui s'est trompée d'heure de rendez vous, elle devait venir sur la demi heure précédente. Il lui propose de la recevoir après moi, elle refuse, elle travaille, je pense intérieurement qu'il va avoir beaucoup de temps à me consacrer.

Ensuite nous entamons une discussion, beaucoup plus ouverte que la dernière fois. Il est plus détendu, il souri, peut être que cela vient de moi, peut être réagit-il à mon état ? Il me laisse orienter la conversation néanmoins, je reste maître de ce que je vais dire. De temps en temps, il me pose une question, sans pour autant imposer une direction. Je lui raconte mon malaise, et particulièrement le deuil que je fais de ma paternité. Je lui démontre de manière savante, cartésienne, que j'ai très peu de chance d'avoir un jour un enfant de moi. Ma démonstration achevée, il remarque :

"Monsieur je pense que vous avez encore beaucoup de travail à faire et pas que sur la rupture".

J'acquiesce à sa remarque, je lui parle de l'enfant.

"Oui, mais pas seulement, votre vision des choses est par trop cartésienne, il est nécessaire de garder une part d'espoir, d'inconnu, et de ne pas toujours raisonner en variables et probabilité."

J'acquiesce encore une fois, mais lui demande son avis objectivement sur ma démonstration.

"Vous avez raison, oui, il ne vous reste que peu de chance, mais il reste cependant des chances".

Nous parlons ensuite des couples, de la séparation en général. Il me dit que je rencontrerais peut être quelqu'un avec des enfants. Je lui signifie qu'à mon âge j'ai de grande chance en effet de rencontrer quelqu'un qui a déjà des enfants, mais je lui précise également que je ne serais jamais le père. Les enfants issues d'une première relation auront toujours un père, je ne pourrais jamais m'imposer à eux, je n'en ai pas le droit, ni la légitimité vis à vis d'eux, et de la mère. Il est d'accord, et me parle des orphelins de père. Certes, cela pourrait être l'idéal pour moi, mais combien de chance ai-je de rencontrer une veuve, que l'on se plaise, qu'elle ai des enfants en bas âge? Quasiment aucune, encore les probabilités, encore les chiffres, mais c'est ce qui guide nos vies. Nous évoquons l'adoption, mais la encore, je lui fait remarquer le coté incertain de cette démarche et surtout que je ne me trouve pas en état de la faire.

Il me fait une affirmation que je remarque :

"Vous savez maintenant, les hommes ont beaucoup de mal à s'engager dans une relation".

Je ne peux pas m'empêcher de lui signifier que les femmes aussi. Les femmes modernes ont changées, elles ont également beaucoup de mal à trouver leur stabilité, et même à la vouloir avec un homme. Les femmes sont libérées au même titre que les hommes. Elles aspirent à la liberté maintenant, et beaucoup d'entre elles ne souhaitent rien construire.

Le temps imparti au rendez vous s'écoule. Il passe derrière son bureau afin de me faire la prescription pour un mois. Il part en vacances, nous fixons un nouveau rendez vous en septembre. Je ne peux m'empêcher de lui poser la question qui me hante depuis que je vais le voir.

"Que m'apporter vous ?"

Devant son air, je  nuance quelque peu mon propos, avec regret.

"Je veux dire par rapport à un psychologue?"

"Monsieur, une psychanalyse, ce que vous êtes en train de faire avec moi, peut être menée par un psychiatre ou un psychologue, je veux dire un bon psychiatre ou un bon psychologue."

Je pense au fond de moi même à l'histoire du bon chasseur et du mauvais chasseur, cela marche donc également avec les psy? Il continu sa démonstration.

"La différence entre un psychologue et moi, c'est que je peux SI BESOIN vous prescrire une aide complémentaire sous forme de médicaments. Quand à la psychanalyse, monsieur, je dirait que c'est comme une auberge espagnole, on y trouve ce que l'on y amène".

Sa remarque me fais penser au film, je m'imagine à la place de Romain Duris dans le film l'auberge espagnol, ce qui me fait sourire. Je repense ensuite à moi et à mon cas, je vais trouver ce que j'y amène, pour trouver beaucoup, je dois amener beaucoup, mais sous quelle forme ?

Pendant qu'il me faisait son discours, il avait abandonné le terminal de ma carte vitale. Pour éviter qu'il ne s'énerve comme lors de notre précédente entrevue, je le laisse tranquille un moment. J'en profite pour balayer du regard la bibliothèque avec ses petits bibelots. Je remarque les trois singes de la sagesse bouddhiste, Kikazaru, Iwazaru et Mizaru, le sourd le muet et l'aveugle. Ne pas dire, ce qu'il ne faut pas dire, ne pas entendre ce qu'il ne faut pas entendre et ne pas voir ce qu'il ne faut pas voir, le secret du bonheur?

Il termine mon ordonnance, me rend ma carte vitale, et se lève. Je me lève à mon tour, me dirige vers la porte qu'il ouvre. Je lui sert la main, lui souhaite de bonne vacances. Personne dans la salle d'attente, je sors à l'extérieur, il y a un grand soleil. J'ai le reste de la journée pour moi.

 

 

lundi 16 août 2010 à 12h13 par galiel dans Amour | # | 2 commentaires

smiley : envelope J'ai perdu ce qui t'avait plu

Miossec - Je Plaisante

 

 

Même si tu ne m'aimes plus

Fais comme si ça reviendra

Même si tu ne veux plus

Fais comme si tu ne voulais que ça

Même si t'en peux plus

De te voir entre mes bras

C'est comme si t'avais jamais voulu

Ce genre d'histoire là

Où les jour où il a plu

sont comme les jours où il ne pleut pas

Y'a la vaisselle qui pue

Et le linge qui attendra

J'ai pourtant fait tout ce que j'ai pu

Même ce que je ne voulais pas

Je me suis pourtant mis à nu

Mais tu ne voulais pas voir ça

Même si tu ne parles plus

A part pour dire n'importe quoi

Même si tu ne supportes plus

Jusqu'au bruit de mes pas

Même si je ne suis plus

Ce que tu pensais de moi

Même si tu ne vois plus

Ce qui te fais rester chez moi

C'est peut être le cul

Je plaisante mais j'y crois pas

Je vois bien que tu ne veux plus

Ce genre de type comme moi

Un peu mal foutu

Et si souvent maladroit

J'ai perdu tout ce qui t'avait plu

Et gagné ce qui ne te plaisait pas.

 
samedi 14 août 2010 à 11h32 par galiel dans Amour | # | commenter

smiley : envelope 4-Désir d'enfant

Septembre 2007.

 

J'ai toujours voulu avoir un enfant. Je sais que j'étais fais pour cela. Les hommes qui pensent comme moi sont rares, mais je sentais ce désir de paternité depuis mon émancipation. Je voulais fonder une famille. Je suis d'un naturel fidèle et paternel. Je m'imaginais avec ma compagne et idéalement deux enfants à vivre heureux, dans une grande maison. Peut être avais-je une vision trop idéalisé et trop caricaturale de la vie. J'aurais cependant été heureux dans cette vision.

Le destin en décida autrement. Ma compagne ne voulait pas avoir d'enfant au départ. Elle n'était pas prête, elle trouvait cela trop contraignant, elle voulait évoluer professionnellement. Et puis, elle n'en voulais pas beaucoup. Déjà un cela serait bien, deux, cela ferait trop et trois, c'était hors de question. La quarantaine se découvrant à l'horizon, je me suis finalement rangé à ses cotés. Un enfant avec nous, cela forme déjà une famille. Nous pourrions être heureux et envisager l'avenir sereinement avec moins de contraintes. Ce fut ma compagne qui décida de la période ou nous commencerions. Elle calcula avec soin la date, pour espérer tomber enceinte et surtout accoucher dans une période propice. Période idéalement où ses parents seraient disponibles, où le temps serait agréable, où les conditions seraient idéales. Je suis d'un naturel réaliste. Ce calcul par conséquent, je n'y croyais pas trop. La nature par définition n'en fait qu'à sa tête, donc j'étais finalement certain qu'elle ne tomberais jamais enceinte lorsqu'elle l'aurait décidé.

L'avenir me donna raison, et nos premières tentatives ne furent pas couronnées de succès. Elle ne tombait pas enceinte. Personnellement, je lui reprochais la fréquence de nos rapports sexuels. Elle n'était jamais disponible en semaine, et les weekends, il arrivait régulièrement qu'elle ne soit pas bien, migraine, rhume, bronchite, fatigue chronique. De plus, cela coïncida avec une succession de déplacements professionnels auxquels je devais me soumettre. Nous avions au travail des livraisons importantes de matériel à réaliser, et il était nécessaire de se rendre chez le client pour faire l'installation. Notre client se situait pour simplifier les choses dans deux grandes villes de France éloignées de plusieurs centaines de kilomètres. Je devais donc partir toutes les semaines, ne rentrant que les weekends. Cela donnait bonne conscience quelque part à ma compagne puisque je lui reprochais moins la fréquence de nos rapports. Mais cela complexifiait sacrément la tâche de notre projet d'enfant. Une année s'écoula sans résultat. Nous avons commencé à en parler, était-ce normal? Elle décida d'en discuter avec sa gynécologue. Cette dernière la rassura : il ne faut pas s'alarmer avant deux ans de tentatives, il faut insister et augmenter les rapports, il faut faire attention au rythme des ovulations. Elle me rapporta tout cela, et je n'ai donc pas vu de problème insurmontable, il suffisait d'insister. Il restait ce maudit travail qui m'empêchait régulièrement de passer les semaines à la maison, mais l'espoir n'était pas éteint. D'autant plus qu'autour de nous, des couples avaient eus du mal à avoir des enfants, cela pouvait leur prendre plusieurs mois, voir plus d'une année.

Il arriva qu'elle eu un un retard de règles de plusieurs jours. Elle était habituée à des règles quelques peu "déréglées" lorsqu'elle arrêtait la pilule. Elle attendis donc, mais le temps passant, comme nous étions en période propice et comme cela coïncidait avec un rapport, elle pensa que c'était peut être la bonne cette fois ci. Elle me l'annonça un soir. Nous étions tous les deux au lit. Nous allions bientôt dormir. Avant d'éteindre la lumière, elle prononça quelques mots : "J'ai un retard de règles. Il est important, je crois que je suis enceinte, en plus je le sens". Je l'ai regardé j'ai souri, je n'ai pu articuler que quelques banalités, c'est vrai ? Cela serait merveilleux ! Il faudrait confirmer ! Ce soir la j'ai eu du mal à m'endormir, mais j'étais heureux, et elle semblait l'être. Peut être allais-je devenir père ?

Le lendemain, je suis parti au travail la tête chargé d'hypothèses, d'images, de rêves. Allait-il être un garçon ou une fille ? Au départ je voulais un petit gars, ma compagne préférait une fille. A la fin, je m'en moquais, qu'il soit là me suffirais. Je me posais des tonnes de questions. Cela allait-il changer radicalement notre vie ? Il faudrait sûrement changer de voiture ! Je n'avais pas vraiment la tête au travail. Le téléphone sonna, "C'est moi, je devais te dire, je viens d'avoir mes règles ce matin... Ce n'est pas encore pour cette fois". Je la sentais peinée, peut être avait-elle pleuré, je ne l'ai jamais su. Je l'ai rassuré, ce n'est pas grave, nous avons le temps, ce n'est pas toi, tu n'y es pour rien. Je sentais qu'elle doutais quelque fois de sa volonté d'être mère. mais je n'osais pas aborder le sujet, peut être par lâcheté. Le soir lorsque je suis rentré, je ne lui en ai pas parlé. Je ne me souviens plus si elle l'a fait. Je me suis comporté comme d'habitude. Cela ne servait à rien de dramatiser. Cela ne servait à rien de s'en vouloir et de polémiquer.

Le temps passa, une nouvelle année s'écoula, le temps passe vite lorsque l'on se retourne pour regarder en arrière. Mes déplacements professionnels ne cessèrent pas, mais s'espacèrent au fur et à mesure. Nous avons donc augmenté les tentatives, en tentant au mieux de les accommoder avec le cycle d'ovulation. Elle acheta des tests de grossesse afin d'être sur pour le prochain retard. Elle les utilisa quelques fois, mais cela s'avérait toujours négatif, toujours des retards de règles.

Pendant cette période, elle ne changea pas de comportement vis à vis du quotidien. Je m'occupais toujours de tout. Je prenais peut être déjà mon rôle de père en devenir  trop à coeur. Je la choyais beaucoup trop. Lorsque je partais en déplacement pour la semaine, je lui faisais quand même les courses, pour qu'elle ne manque de rien. Je faisais le ménage le weekend, et l'entretient lorsque cela était nécessaire. La plupart du temps elle ne se rendait même pas compte de ce que je faisais. Je dois dire que je râlais de plus en plus pour le ménage. Elle me le reprochait et me disait que l'on avait qu'à prendre une femme de ménage, que l'on avait les moyens. Au départ j'étais opposé, puis progressivement, j'ai changé d'avis, si cela nous permettait de vivre mieux et de trouver un équilibre, pourquoi pas après tout.

Elle s'acheta un PC portable pour son usage personnel, cela faisait longtemps qu'elle y songeait, moi je l'encourageais dans cette voie. Elle utilisait auparavant mon PC fixe, mais il faut avouer que je lui en laissais rarement l'usage le soir. Elle découvrit alors plus en profondeur l'usage d'internet, la première chose, le shoping. Elle trouva des objets sur lesquels elle flasha, d'abord un appareil communiquant par internet, un Nabaztag, une sorte de Lapin en plastique qui une fois configuré sur un réseau wifi peut lire à haute voix des messages, interagir avec son environnement. Elle acheta le même à sa mère pour pouvoir communiquer, bien qu'elle ne le fasse pas souvent au grand désespoir de cette dernière. Elle s'acheta un ipod nano, et des enceintes design. Elle découvrit des gens également, elle s'aperçue que sur internet existait tout un tas de gens qui ne demandaient qu'à communiquer. Elle se choisie un correspondant, un anglais qui avait un lapin communiquant, tout comme elle. Elle commença à échanger avec lui. C'était une personne cultivée, un ingénieur en électronique à l'origine de quelques articles. Ils s'envoyèrent mutuellement des petits défis, des énigmes. Elle commença à adorer cela si bien que lorsqu'elle se trouvait isolé d'internet pendant des vacances par exemple, elle avait un besoin impératif de consulter ses mails. Nous étions donc contrains de faire une pause dans un Mc DO l'endroit le plus adéquat pour se genre de besoin car gratuit ou presque et très commun. Elle découvrit également les joie du streaming. Elle passa en revue toutes les séries qui lui plaisaient et qui passaient à la télévision, mais en streaming sur internet et en un temps records. Le résultat fut qu'elle était beaucoup moins intéressé par la télévision ! Elle avait déjà vu tout ce sur quoi elle avait accrochée ! Donc fini pour nous les soirées séries que nous faisions de temps en temps. Je n'ai jamais vraiment adhéré à ces soirées, mais cela me faisait plaisir de me poser devant une série appréciée conjointement avec elle. Par exemple, Docteur House, un mélange sulfureux de dialogues croustillants et d'énigmes hospitalières sou-poudré de relations sentimentales et amoureuses, j'adorais le visionner avec elle car nous pouvions partager ce moment. Malheureusement, j'ai pas du tout accroché au streaming. D'une part, elle regardait une partie des séries lorsque je n'étais pas la, c'est à dire à partir du moment ou elle rentrait vers 17H00 jusqu'au moment ou j'arrivais, pas avant 19h30. Ensuite, elle laissait le streaming charger en faisant autre chose, puis regardais ce qui avait chargé, pour faire une nouvelle pause ensuite, bref, cela m'exaspérait au plus haut point.

La vie s'écoula, les deux ans furent dépassée, nous n'avions toujours pas d'enfant. Nous avons commencé à en discuter. Il était temps de s'inquiéter. Nous décidâmes de prendre rendez vous avec sa gynécologue, mais avec moi cette fois ci, pour que l'on puisse parler sérieusement des difficultés que nous rencontrions. Cependant un évènement vint bouleverser nos prévisions.

Elle me téléphona en pleine après midi. C'était en été, les températures étaient agréables. Elle m'annonça qu'elle était au service de gynécologie d'un hôpital. qu'elle avait eu des pertes importantes. Elle ne savait pas encore ce qu'il en était, mais qu'elle allait bien. Elle avait des douleurs, mais elle pouvait se déplacer. Elle avait préféré consulter tout de suite pour voir si quelque chose ne tournait pas rond. Elle attendait la visite avec le gynécologue. Je lui ai demandé si elle voulait que je vienne, elle me dit que ce n'était pas la peine qu'elle allait bien, la journée était déjà bien avancée, et je la retrouverais plus tard à la maison. Comme à mon habitude je n'étais pas tranquille, comme à mon habitude, j'étais anxieux. Je tenais à elle, et je savais que la première grossesse pouvait mal se passer chez une femme. Je ne voulais pas qu'elle perde un foetus. Cela l'aurais traumatisé.

Le soir lorsque je suis rentrée à la maison elle allait bien. Elle me dit qu'elle était tombé sur un gynécologue très gentils et compétent, qu'il lui avait trouvé peut être une maladie, une endométriose. Elle était en train de se renseigner sur internet. Rien de grave m'assura-t-elle, mais une maladie évolutive, lente, et ennuyeuse pour avoir un enfant. Cette maladie ne pouvait être réellement établie que par une exploration de la cavité abdominale, ce qui demandait une opération sous anesthésie générale. Elle m'assura que ce n'était rien de dramatique, simplement un peu de peur suite aux pertes de sang importantes. Elle m'annonça que ce gynécologue lui avait plu, et qu'elle voulait qu'il nous suive dans nos démarches. Elle lui avait parlé de nos problèmes pour avoir un enfant, il lui avait écrit une ordonnance pour que je passe un spermogramme. "C'est la première chose à faire" lui avait-il annoncé, "c'est facile, et si le problème vient de votre ami, nous le saurons rapidement ! Si le problème vient de vous cela sera plus difficile à déceler et à trouver la cause". Elle me donna l'ordonnance.

Quelque par, je m'y étais préparé. Je savais que la gynécologue me l'aurait demandé. J'avais en tête les films américains ou les acteurs pour faire leur prélèvement se retrouvent dans des salles confortables avec un luxe de livres pornographiques, voir même dans certains cas, un écran et un film. Je pris rendez vous rapidement. La balle était dans mon camp, il fallait que j'en ai le coeur net. Je n'avais pas trop d'appréhension. J'ai deux frères déjà avec deux enfants chacun sans problème pour procréer. J'obtins une date rapidement, car en fait il n'était pas nécessaire d'avoir un rendez vous. Comme pour une prise de sang, il suffisait de passer. Un matin de semaine je m'y suis rendu. C'était à peine une semaine et demi avant nos vacances. Je ne connaissais pas le laboratoire, il avait été indiqué par le médecin qui avait vu ma compagne. Je devais insister pour avoir un analyste en particulier. Je n'ai pas eu beaucoup de problèmes pour me garer, j'y étais allé le matin. Le laboratoire était celui de l'hôpital, les visites étaient plutôt l'après midi, donc le parking ne manquait pas de place. Je me suis dirigé vers le laboratoire. Pas la peine de pénétrer dans l'hôpital pour l'atteindre, il était au rez de chaussé et sa porte donnait directement sur la rue. Cela m'évitais de pénétrer dans l'enceinte même du bâtiment et de me confronter aux odeurs et aux personnes hospitalisées ce que je détestais. L'on aime jamais être confronté directement à la maladie, cela nous rappelle toujours à quel point l'on peut être fragile et que tout peut basculer sur un jet de dés du jour au lendemain. Je pousse la porte, une salle tout en longueur. Au fond à gauche un aquarium. Tout de suite à gauche un acceuil. Contre le mur de droite une rangée de siège faisant office de salle d'attente. Au fond de la salle un bureau ouvert, probablement le responsable. A gauche derrière l'acceuil un couloir s'enfonçant dans le bâtiment. Les murs étaient blanc, le sol en lino d'hôpital gris, une série ininterrompue de fenêtres hautes sur la gauche laissait entrer une grande luminosité.  Une secrétaire se tenait derrière le comptoir de l'acceuil et me gratifia d'un "bonjour monsieur" agréable. Elle avait une voie douce, une forte corpulence, un visage rond, presque enfantin, les cheveux noir coupés au niveau de la nuque. J'étais un peu mal lorsque j'ai tendu mon ordonnance. Elle ne montra aucun signe de surprise ou qui puise me gêner. Elle remplit mon dossier avec ma carte vitale, puis ma carte de mutuelle. J'eus tout le loisir alors de m'attarder sur la gravure représentant la ville au 18e-19e siècle affichée au mur derrière elle. Elle me demanda mon adresse et m'indiqua que les résultats me seraient envoyé au bout d'une semaine. Elle me dit ensuite de m'asseoir ce que je fis prestement devant l'aquarium. Quelques minutes passèrent pendant lesquelles j'observais les rares poissons, elle se leva enfin avec un papier rempli d'étiquettes autocollantes à mon nom. Elle  s'éclipsa par le couloir qui continuait par un virage à droite au bout de cinq mètres mais qui comportait au moins trois portes sur la portion que je pouvais observer et de nombreux meubles de rangement. Elle sortit de mon champ de vision et revint rapidement avec un petit panier en plastique rouge contenant une fiole transparente portant une étiquette, à mon nom.. Elle m'indiqua une porte, celle des toilettes homme.

"Voila, je pense que vous savez ce qui vous reste à faire, posez le panier sur ce meuble lorsque vous avez terminé, pensez à bien fermer la porte derrière vous et lavez vous les mains avant le prélèvement".

J'ai balbutié un "merci" timide en entrant dans les toilettes. Une seule pièce, la cuvette au fond à droite, un porte manteau à l'entrée, un lavabo à gauche, j'ai fermé la porte, je me suis regardé dans le miroir. La pièce était éclairée par un unique néon au plafond ce qui lui donnait un air encore plus austère. Je me sentais loin du cliché américain. Je commençais à officier après m'être lavé les mains, lorsque deux personnes se sont mis à parler dans le couloir. Je les entendais comme si je me trouvais dans la même pièce. Pas très glamour pour ce que j'avais à faire, j'ai donc marqué une pause, puis j'ai repris lorsque le calme revint. Avec difficulté, je me suis acquitté de ma tâche tant bien que mal. Je suis sorti après m'être lavé les mains, j'ai posé la fiole la ou on me l'avais demandé. J'ai articulé un "bonne journée" à la secrétaire en sortant du laboratoire, j'ai repris la voiture rapidement et me suis dirigé vers mon travail.

 La semaine s'écoula paisiblement, je ne pouvais pas m'empêcher de penser aux résultats de l'examen, mais comme nous partions bientôt en vacances avec des amis, cela ne me tracassait pas plus que cela. Un soir deux jours avant de partir en vacances, lorsque je pénétrais dans la maison, ma compagne m'interpella.

"Les résultats sont arrivés, j'ai regardé, je ne comprends pas trop, mais cela ne semble pas bon".

Je regarde à mon tour, des taux d'énumération, qui ne veulent rien dire pour moi, et la conclusion : Azoospermie. Je me tourne vers ma compagne.

"j'ai regardé sur internet, en général le A devant, c'est absence, mais peut-être que l'on peut demander une explication au laboratoire."

Je téléphone, j'ai la secrétaire.

"Oui vous pouvez passer, le responsable est justement à son bureau".

Nous y allons rapidement. Je connais déjà les lieux. La secrétaire a changée, il doit y en avoir deux travaillant en décalé, une pour le matin, et une pour l'après midi. Celle ci est physiquement à l'opposé de la première, blonde, cheveux long, mince, visage assez dur et froid, mais très attirante, une belle poitrine. L'entrevue avec le laborantin a lieue dans le bureau du fond. Il nous fait rentrer, Il est grand mince porte une blouse blanche de laborantin. Il a les cheveux fournis et grisonnants, il me demande les résultats.

"Ha, oui, si j'ai bien compris vous tentez d'avoir un enfant, et madame a été envoyé par mon collègue. Oui, et bien le problème ne vient pas de vous madame, mais il vient bien de monsieur. Vous ne pouvez dans l'état actuel des choses pas avoir d'enfant par voie naturelle monsieur. En définitif, vos spermatozoïdes sont trop peu nombreux et ne sont pas mobiles. Il n'y en a surement pas assez pour faire une fécondation in vitro classique. Mais vous savez je ne devrais pas vous dire cela, ce n'est pas mon travail, mais la médecine est toujours en mouvement, maintenant, il existe des techniques permettant d'aller directement chercher les spermatozoïdes dans les testicules, ce qui permet ensuite de réaliser la fécondation. Je ne veux pas vous donner de faux espoirs, prenez rendez vous avec votre spécialiste madame, et vous en discuterez ensemble."

Je ne sais quoi dire, il a été clair, peut être un peu trop, je me sens mal. Je me lève, lui sert la main. Nous sortons du laboratoire. Je marche jusqu'à la voiture en prenant la main de ma compagne, elle me la sert. Nous arrivons à la maison. Je me trouve dans un autre monde. La réalité me rattrape brutalement. Je m'assois sur le canapé, je me mets à chialer en silence.

 

 

 

 

mercredi 04 août 2010 à 14h50 par galiel dans Amour | # | 5 commentaires

smiley : envelope Sevrage

 
 
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.
 
Alphonse de Lamartine
 
 
Il n'y a pas d'autre mort que l'absence d'amour.
 
René Barjavel.
jeudi 29 juillet 2010 à 15h56 par galiel | # | 3 commentaires
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