J'ai commencé à écrire pour me faire une thérapie, pour me sentir mieux, pour évacuer toutes mes angoisses. Mais ces angoisses se sont métamorphosées en souffrance. Douleur lancinante, sourde, omniprésente qui me mine, me déstabilise, ruine mes fondations, ce qui fait que je suis moi. Je n'arrive plus à écrire, lorsque je me trouve devant un clavier, je n'ai plus le désir, plus la motivation, à quoi bon. Cela ne change rien.

Et puis vient les idées noires, l'idée d'en finir avec sa souffrance qui ne s'arrête pas, qui nous détruit à petit feu. On cherche des solutions, et vient la plus séduisante, la plus rapide, mais celle qui fait peur. On se dit à quoi bon, de toute manière, je n'ai plus de joie, plus de bonheur, plus de plaisir, alors pourquoi continuer. Pourquoi s'acharner, alors que l'on a perdu tout ce à quoi l'on tenait, et que le rêve que l'on s'était fixé est maintenant inaccessible. On pense à l'autre qui est parti, qui est heureux, avec un inconnu. On pense à sa vie gâchée au temps perdu, à ses vacances foutues, à cette année qui n'a servie à rien, rien qu'à s'enfoncer, à se faire mal, à déprimer.

On se dit à quoi bon continuer dans ses conditions. Personne n'est indispensable, et l'on ne se sent pas à sa place dans cette société, dans ces nouvelles valeurs, qui n'en sont pas, dans ses nouvelles tendances, ses nouvelles lubies, ses plaisirs extrêmes, cette boulimie.

Je ne sais pas si je vais continuer, je ne sais pas si j'en ai l'envie.